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Pour un Islam des lumières

Enjeux :

L’islam sunnite constitue une composante culturelle principale de notre société. La pratique religieuse que connaît la Tunisie et que vivent les Tunisiennes et les Tunisiens est marqué par un grand esprit de tolérance qui se trouve en opposition avec d’autres conceptions à caractère plus extrémiste.

Les Tunisiens, dans leur immense majorité, sont musulmans et attachés à leur religion.

Ils sont avides de culture religieuse, et en l’absence d’institutions reconnues, se tournent vers les chaînes satellitaires qui véhiculent les messages extrémistes, ou vers des cercles de discussion spontanés animés par des personnes dont la formation est insuffisante. Ceci les induit en erreur sur la véritable portée du message divin.

La méconnaissance de la religion, d’une part, et la soif d’apprentissage, d’autre part, nous ont amené à un risque majeur aujourd’hui en termes de perte d’identité, de violence et d’instrumentalisation politique.

La vision d’Afek Tounes :

Dans notre pays existe un socle identitaire national, une identité culturelle à ancrage arabe et musulman. A ce socle, s’ajoute une diversité identitaire sociale, nourrie dans l’histoire et les racines nationales, le parcours intellectuel individuel de chacun et l’appropriation de pensées universelles diverses. En effet, la Tunisie dans sa longue histoire a été un pays d’accueil pour toutes les religions mais aussi pour toutes les croyances et courants de pensée. La Tunisie, Etat civil et citoyen, est une République dont la langue est l’arabe et la religion l’Islam. Ceci est une expression de l’identité nationale.

Afek Tounes estime que l’Etat doit organiser l’espace public sur la base du respect des libertés fondamentales universelles et sur les principes de démocratie et de tolérance. Nous sommes ainsi extrêmement attachés aux libertés fondamentales, chaque Tunisien ayant droit à la liberté de culte.

Afek Tounes estime enfin que la Tunisie possède un héritage réformiste qu’il est urgent de revaloriser et dispose d’une institution qu’il est temps de réhabiliter : la Zeïtouna.

10 programmes clés :

Restructuration de la formation religieuse en réhabilitant les vraies compétences de laZeïtouna

41. Consacrer le rôle de la faculté de théologie actuelle dans la formation académique des enseignants d’éducation religieuse pour les écoles, les collèges et les lycées. Réviser les programmes et les conditions d’accès, de manière à améliorer sensiblement le niveau de l’enseignement, qui devra être ouvert sur les religions et les civilisations.
42. Réinstaurer l’institution de la Zeïtouna qui aura pour mission essentielle de s’occuper de la formation des Imams et d’organiser les manifestations religieuses. Elle aura un rôle consultatif en matière religieuse, sur demande d’institutions officielles ou de personnes physiques. Elle aura aussi un rôle d’émettre ses recommandations à la faculté de théologie. Sa direction sera élue pour une durée déterminée, limitée à deux mandats. Ses membres doivent être indépendants et n’ayant jamais appartenu à un parti politique. Ils doivent être reconnus pour leur intégrité morale et leur connaissance de l’Islam.
43. Exiger des élus au sein de la Direction de la Zeïtouna qu’ils respectent l’aspect civil de l’Etat, qu’ils s’engagent à transmettre les valeurs universelles, humaines et humanistes et qu’ils militent pour la liberté et le respect de chacun.
44. Mettre en place un cursus formel de formation des prêcheurs et des éducateurs, sachant que cette formation est aujourd’hui inexistante. Ces structures de formation religieuse seront ouvertes à tout le monde, et seront situées dans toutes les régions.

Culture religieuse et neutralité des espaces publics


45. Créer des espaces de débats religieux libres, divers et constructifs. Encourager la recherche et les publications, afin de développer une penséereligieuse prônant la tolérance et le respect d’autrui.
46. Enrichir les bibliothèques existantes. Numériser les ouvrages de référence,afin que ceux-ci soient accessibles au plus grand nombre.
47. Lancer un projet de traduction des ouvrages de référence tunisien dans les langues étrangères, puis diffuser fortement ces ouvrages auprès des centres de recherche internationaux, de manière à valoriser l’Islam des Lumières tel que vécu et pratiqué par les tunisiennes et les tunisiens.
48. Réviser l’organisation et les prérogatives du Ministère des affaires religieusesafin qu’il concentre ses efforts sur la gestion technique des mosquées, du pèlerinage et de la gestion des ressources humaines, et ce d’une manière décentralisée.
49. Permettre à l’Etat de garantir la neutralité politique des mosquées et des lieux de Culte afin et de prévenir les dérives extrémismes qui peuvent s’y développer.
50. Règlementer le mode de financement, aussi bien public que privé, des mosquées et garantir la neutralité religieuse des services publics et des espaces d’éducation.