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Pour une agriculture moderne, au bénéfice de l’agriculteur et de l’économie

Enjeux :

Le secteur agricole représente 12% en moyenne du PIB et 11% de l’effort d’exportation. Il emploie environ 16% de la main d’œuvre active totale. La production agricole provient essentiellement de l’élevage (37%) et de l’arboriculture (26%). Les investissements agricoles représentent 10% du total des investissements dans l’économie, les opérateurs privés y contribuent à hauteur de 57%. Le secteur se caractérise par une faible rentabilité du fait du faible rendement dans la majorité des activités agricoles par rapport aux moyennes internationales à climat similaire (rendement des céréales en 2009, mesuré en q/ha est de 14 pour la Tunisie, contre 76 pour l’Egypte et une moyenne internationale de 32 q/ha), de la hausse structurelle inquiétante des prix des intrants agricoles et de la non adéquation entre l’évolution des coûts et l’évolution des prix moyens annuels des produits agricoles (historiquement tassement des prix agricoles par volonté politique pour réduire artificiellement le taux d’inflation à 3%). Le secteur agricole en Tunisie connaît des dysfonctionnements structurels (plus de 50% des produits sont commercialisés en dehors des circuits de distribution) ainsi qu’une faible valeur ajoutée globale.

Par ailleurs, le secteur est fortement dépendant des aléas climatiques (80%). La taille des exploitations agricoles est caractérisée par le morcellement : 75% moins de 10 Ha, 50% moins de 5 Ha. La plupart des structures agricoles organisées sont inefficientes par manque de transparence de leurs conseils d’administration (fortement politisés), de la faiblesse des compétences existantes et de la mainmise de l’état.

L’état gère à travers l’OTD environ 200.000 Ha de terres agricoles avec un résultat d’exploitation déficitaire. La facture budgétaire pour l’état avec la compensation des prix ne profite ni aux producteur, ni aux consommateurs.

Les exportations sont insuffisantes si l’on garde à l’esprit les potentialités du pays et la proximité des marchés potentiels ainsi que les quotas négociés avec l’Union Européenne qui ne sont pas remplis.

Enfin, le secteur de la pêche est tiraillé, d’une part, par les exigences de fourniture du marché local et l’export, et la contrainte du repos biologique d’autre part. Il existe aujourd’hui 41 ports de pêche (en moyenne 1 port tous les 40 km) et le secteur emploie 60.000 personnes.

La vision d’Afek Tounes :

Afek Tounes considère le secteur agricole comme un secteur stratégique et prioritaire pour lequel il faudrait une politique de refondation par rapport aux politiques passées et l’engagement d’un vrai plan de réforme agraire qui va développer le potentiel productif, garantir un niveau de sécurité alimentaire compatible avec la souveraineté nationale et respecter l’environnement et les dotations en ressources naturelles.

Afek Tounes considère le secteur agricole comme un contributeur essentiel à la croissance économique du pays ainsi qu’un moyen indispensable pour réduire la pauvreté et la précarité.

Afek Tounes se fixe comme objectif de lancer un plan de réforme agraire intégrée en se fixant comme objectif d’augmenter la contribution du secteur dans le PIB du pays.

Afek Tounes estime que toute réforme du secteur de l’agriculture passe par la définition d’une vraie politique des filières intégrant la refonte de la chaîne agricole et agro-alimentaire, de la culture à la commercialisation des produits, en tenant compte des spécificités régionales et des réalités économiques (pluviométrie, hydrométrie, qualité des sols, rendement, rentabilité).

10 programmes clés :

231. Lancer une réflexion nationale sur le secteur agricole dans toutes les régions du pays et avec l’aide et la collaboration de toutes les corporations professionnelles ainsi que tous les acteurs clés, des institutions du secteur ainsi que d’appui. Ce débat national sur 3 mois, devra servir à définir un consensus national sur un plan de réforme global tenant compte des objectifs nationaux, de nos ressources humaines et naturelles et des opportunités offertes.

232. Mettre en place des stratégies sectorielles ainsi qu’une approche par filière avec des objectifs de développement définis et partagés. Ceci nécessite une réforme institutionnelle indispensable ainsi qu’une autonomisation des moyens d’action, un haut niveau de professionnalisme et de bonne gouvernance. La politique filière devrait intégrer tous les aspects de son développement.

233. Développer un plan national d’économie d’eau dans l’agriculture ainsi que les dispositifs et les encouragements pour le traitement des eaux saumâtres et développer à nouveau des barrages et des lacs collinaires ainsi que les dispositifs de la petite hydraulique (collecte des eaux pluviales) afin de préserver nos réserves nationales en eau pour les générations futures. En effet, la Tunisie a toujours été pionnière dans les efforts de mobilisation des eaux pour permettre d’avoir une surface de 450 000 hectares irrigués. Cependant, cet effort s’est un peu ralenti ces dernières années.

234. Protéger les ressources communes notamment par une redynamisation des associations d’usagers. Le soutien public doit être ciblé notamment en encourageant l’agriculture dite sociale conditionnée par l’adoption de techniques et de cultures assurant la protection de l’environnement.

235.Mettre en place un système de financement du secteur agricole, avec la grande ambition de faire de ce secteur un secteur principal de développement et de croissance économiques. Mettre à jour et généraliser l’usage de la Carte agricole et associer toutes les politiques filières dans sa définition.

236.Réviser les fondements de la couverture sociale par des retraites plus dignes et permettant le transfert de la propriété et le rajeunissement de la population opérant dans le secteur agricole.

237. Dynamiser et reformer la recherche agricole par la restructuration les centres sectoriels de recherche avec une cogestion entre la profession et les chercheurs (recherche appliquée bénéficiant de l’appui des organisations internationales nombreuses dans le secteur agricole) et par le développement de programme de formation et la vulgarisation.

238.Revoir le code d’investissement et développer le cadre juridique et réglementaire du Partenariat Public-Privé en favorisant les projets à haute valeur ajoutée et encourageant l’intégration des petites exploitations agricoles de proximité.

239.En conformité avec notre constitution, Développer l’intégration agricole nord africaine (de l’Egypte à la Mauritanie) et œuvrer pour un marché agricole commun. Dans l’immédiat, œuvrer à assurer une intégration avec nos deux voisins : l’Algérie et la Lybie.

240.Donner la priorité à la mise en place d’un grand programme d’assainissement des problèmes fonciers pour permettre aux agriculteurs d’obtenir des titres fonciers leur permettant l’accès au crédit et prendre les mesures nécessaires pour arrêter le morcellement et permettre le regroupement des petites parcelles par le biais d’incitations fiscales et financières.