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Pour une éducation citoyenne, compétitive et efficace

Enjeux :

Le système éducatif, au lieu se contenter de délivrer des diplômes souvent inexploitables en termes d’emploi, doit changer de paradigme et s’employer à délivrer les « compétences » nécessaires aux apprenants. Il n’existe plus en effet de marché de l’emploi dans le sens classique du terme mais plutôt un marché des compétences.

En dépit de la succession des réformes, débouchant sur la mise en place précipitée ces dix dernières années de la loi d’orientation de l’éducation de 2002 (primaire, collège, lycée) et du modèle LMD (supérieur), le système éducatif tunisien demeure aujourd’hui dans l’incapacité de jouer pleinement son rôle d’éducateur, de satisfaire les exigences du marché de l’emploi et de se positionner dans la compétition mondiale. Or, l’avenir de la Tunisie dépendra en grande partie de la façon dont les politiques de l’éducation sauront reconnaître, analyser et affronter les causes de cet échec afin de remédier aux erreurs passées.
A Afek Tounes, nous croyons que le système éducatif est une composante principale du développement humain global. En effet, ce système a la responsabilité de former l’être humain pour devenir un acteur du changement positif dans sa société. Cette mission ne peut être accomplie qu’en garantissant un système permettant de :

  • Promouvoir les capacités de créativité et d’innovation pour tous par le biais d’une formation académique consistante et une formation tout au long de la vie.
  • Promouvoir l’employabilité avec un système éducatif en harmonie avec les besoins du marché de l’emploi.
  • Promouvoir les valeurs universelles de tolérance, de solidarité et d’ouverture… et inculquer les principes de la démocratie, de l’état de droit et de la citoyenneté.

Ces objectifs seront atteints à travers l’instauration d’une école républicaine appliquant une bonne gouvernance et assurant une formation scientifique et une éducation culturelle et sociale de qualité.

La vision d’Afek Tounes :

Afek Tounes appuie la loi du 23 juillet 2002 stipulant que «l’État garantit le droit à l’enseignement gratuit à tous ceux qui sont en âge d’être scolarisés». (Article 4). Ce principe confirme que l’état gardera un rôle moteur dans ce domaine avec un secteur privé accrédité. Ainsi l’Etat continuera d’intervenir dans l’enseignement, la formation continue, la formation professionnelle et la formation académique à caractère appliqué.
L’amélioration de la qualité de la formation passe d’une part par une bonne gouvernance des établissements de l’enseignement basé sur l’autonomie et la créativité. Ce en se basant sur la synergie et la concertation entre tous les acteurs impliqués dans le processus éducatif (institutions, enseignants, parents, élèves). D’autre part par l’optimisation de la gestion du budget alloué par l’Etat à l’éducation en se basant sur un « état des lieux » en termes de ressources humaines, d’infrastructure ou d’équipement pour chaque secteur.

10 programmes clés :

1. Eliminer les inégalités locales et régionales en termes d’infrastructure et d’équipements à tous les niveaux du cursus éducatif. Ceci touchera également les espaces dédiés aux activités extrascolaires et les services de restauration et de transport.

2. Renforcer l’ouverture des établissements scolaires sur leur environnement en élaborant des projets en commun avec les municipalités et la société civile. Dans ce contexte un échange transparent entre les parents et l’établissement sera garanti à travers des associations des parents d’élèves.

3. Promouvoir dans tous les établissements une culture du projet et de l’évaluation des performances à travers la création de services dédiés, l’organisation des formations adéquates et la diffusion des résultats des expériences nationales ou internationales et faire participer les élèves les plus méritants aux concours internationaux.

4. Réviser et optimiser le système des évaluations certificatives et de l’orientation en rétablissant les évaluations de la 6ème année et de la 9ème année de base, en réhabilitant l’examen du Baccalauréat, en intégrant les résultats acquis à des étapes clés de la scolarité ainsi que les activités extrascolaires dans les critères d’orientation. Il faudra aussi créer des passerelles entre le cursus général et le cursus professionnel dans les deux sens.

5. Réhabiliter les concours de recrutements des enseignants à tous les niveaux dont le CAPES (enseignant de la maternelle au secondaire, enseignant chercheur du supérieur, enseignant spécialisé dans le cursus de formation professionnelle) et instaurer progressivement l’obligation pour tous les enseignants de détenir un certificat informatique et internet de niveau 2 (C2i), un certificat dans une langue étrangère et un certificat en compétences générales (communication, pédagogie,
techniques de présentation…).

6. Inciter l’éveil des plus jeunes par le biais de la valorisation des matières qui touchent à la culture générale, aux langues vivantes et aux technologies de l’information et de la communication. Une refonte des programmes et des manuels scolaires et parascolaires est nécessaire pour renforcer l’efficacité de l’apprentissage. Ceci serait possible à travers une réflexion impliquant l’ensemble des parties prenantes dans le domaine de l’éducation.

7. Clarifier le contrat pédagogique et social entre l’enseignant et l’apprenant dans des documents accessibles à tous. Cette approche permettra, entre autres, de lutter contre le recours imposé aux cours particuliers. Mettre en place aussi un système de «mastérisation» professionnelle du métier d’enseignant à tous les niveaux du cursus jusqu’à la fin du lycée (formation initiale) et définir un dispositif innovant de formation continue des enseignants impliquant notamment le secteur privé.

8. Valoriser le secteur de la formation professionnelle en le rendant une alternative sérieuse au cursus académique. Ceci est possible en faisant les réformes nécessaires que ce soit dans les programmes de formation, l’encadrement et la formation des formateurs ou dans l’instauration d’un système de formation tout au long de la vie pour les enseignants et les apprenants. Cela passe aussi par une ouverture de la formation professionnelle sur son environnement industriel national et international.

9. Mettre en place des critères objectifs et transparents pour la sélection des responsables administratifs et leur assurer une formation continue afin de garantir une administration efficace et au service du processus enseignement-apprentissage.

10. Mettre en place des comités spécialisés assurant le suivi psychologique et social des élèves et qui détectent les cas en difficultés scolaires et préviennent la délinquance juvénile ainsi que la maltraitance. Ces comités ont aussi pour fonction de prendre en charge les transitions entre deux institutions différentes (primaire/collège, collège/ lycée, lycée/supérieur).