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Pour une infrastructure désenclavant nos régions intérieures et améliorant la compétitivité de l’économie

Enjeux :

L’un des atouts les plus importants de la Tunisie est son positionnement géographique.

Les activités import-export représentent près de 50% du PIB de la Tunisie. Les flux de marchandises se sont multipliés par 2 en 10 ans et vont se multiplier encore plus vite dans les années à venir. Dans une économie de marché où la vitesse de circulation de la marchandise, qu’elle soit une matière première ou un produit semi-fini ou encore un produit fini, est un facteur de compétitivité désormais primordial, les attentes des investisseurs sur la qualité des infrastructures, l’offre de prestations logistiques et l’efficience des prestations administratives sont de plus en plus importantes dans un écosystème où les pays concurrents et notamment le Maroc ont fait des progrès faramineux les 5 dernières années.

Le coût logistique en Tunisie s’élève à plus de 20% du PIB contre 15% pour les pays émergents et 7 à 10% pour les pays industrialisés. Ce coût s’explique par une infrastructure routière, portuaire et ferroviaire non suffisamment développée. Les flux de marchandises à l’intérieur du pays ne sont pas optimisés à cause de l’absence de plateformes logistiques globales proches des zones portuaires, de plateformes à proximité des zones industrielles, et de plateformes sur les zones frontalières.

La vision d’Afek Tounes :

Afek Tounes préconise de développer une infrastructure routière, ferroviaire et logistique permettant de désenclaver nos régions intérieures, de diminuer la pression urbaine sur les zones littorales et de rendre le site Tunisie un des sites les plus performants de la zone méditerranéenne.

Ce développement nécessite une démarche progressive mais rapide et un financement conséquent. La rapidité d’exécution permettra de résorber partiellement le grand problème actuel de notre pays que représente le nombre de chômeurs exclus de la vie sociale, dans le cadre de la réalisation de ces projets. Elle donnera aussi des perspectives claires à tous les investisseurs, tunisiens et étrangers pour les encourager à accélérer leurs projets dans toutes les régions du pays.

10 programmes clés :

 

Renforcement du réseau autoroutier


181.Accélérer la réalisation du projet d’autoroute du centre reliant Enfidha à Gafsa avec une liaison vers Sidi Bouzid et une autre vers Kasserine. Prévoir des voies rapides transversales entre les autoroutes.

182.Lancer les études pour une finalisation accélérée du projet d’autoroute trans-maghrébine avec l’extension à l’ouest de Bousalem vers la frontière algérienne et au sud de Gabès à Ras Jedir en passant par Médenine et en accélérer la réalisation.

Développement des voies rapides


183. Développer les voies rapides (2x2 voies), les besoins de développement de nouveaux axes routiers étant nombreux et les perspectives du trafic routier nous permettent d’en développer un grand nombre en voies express, beaucoup moins coûteuses que les autoroutes (2.5 moins chères).

Ce programme devrait concerner les liaisons A3 (Ouest) vers Siliana, Jendouba et El Kef, la route Tunis-Siliana en passant par Zaghouan, la route El Kef-Siliana-Kairouan, la route El Kef- Kasserine-Tozeur avec liaison sur Gafsa et le passage en deux voies rapides des GP13 (Sidi Bouzid-Sfax) et GP14 (Gafsa-Sfax), la route Kairouan-Skhira croisant les nouvelles GP 13 et GP14, la transversale du Cap-Bon, la route Tozeur-Kebili-Gabès et enfin la liaison Autoroute A1 étendue sur Médenine vers Tataouine.

Expansion forte du rail


184.Elaborer un schéma directeur ferroviaire selon des horizons emboités (5, 10, 20 ans) avec un renforcement des lignes à fort potentiel de trafic et les liaisons trans-maghrébines.

185.Doubler les voies. Le réseau existant fait 2 165 km dont 1 991 km sont en exploitation, soit 92%. Seuls 226Km sont à double voie, soit 10% du réseau. Afek Tounes préconise une mise en doubles voies progressive du réseau en commençant par la banlieue sud de Tunis, objet de trafic très important. L’amélioration du reste du réseau doit être progressive et tenant compte des projections de trafic.

186.Remettre en service la deuxième desserte Tunis-Kasserine en rajoutant un lien Sousse-Kairouan. Ce projet permettrait de relier Kasserine, Jelma-Sidi Bouzid et Kairouan à Sousse puis sur toute la ligne côtière de manière rapide. Cette ligne peut encourager aussi les industriels à s’installer dans les gouvernorats de Sidi Bouzid et Kasserine.

187.Accélérer la réalisation de la ligne trans-maghrébine, qui rejoindrait la Lybie dans le sud en passant par Medenine, et prolongement jusqu’à Ain Draham au nord-ouest.

Une logistique intégrée


188. Constituer dans les plus brefs délais une réserve foncière pour les zones logistiques, par validation ou amélioration des zones déjà définies à l’exception de celle d’Enfidha dont la taille dépendra de la réalisation ou pas du port en eaux profondes.

Pour la logistique domestique (le marché tunisien) 3 grandes plateformes logistiques régionales seront lancées : une au nord à proximité de Tunis, une au centre aux alentours d’Enfidha, une au sud-centre au sud de Sfax. Derrière ces grandes plateformes régionales, plusieurs plateformes de moyenne et petite taille doivent être développées autour des zones industrielles et commerciales permettant de massifier et simplifier les flux logistiques.

Pour la logistique import/export, il s’agit de développer des plateformes logistiques très proches des ports permettant une consolidation et une déconsolidation des flux plus efficaces avec d’éventuelles prestations de plus grande valeur ajoutée.Pour la logistique offshore, les zones frontalières, Ben Guerdane, Kasserine, Gafsa, Ghardimaou représentent des zones logistiques importantes pour les flux transfrontaliers. Elles doivent être développées rapidement. Pour le trafic international, le site Tunisie a un potentiel important si un port en eaux profondes est réalisé avant 2020.

Un renforcement des capacités portuaires

Les tirants d’eau et les installations actuelles de nos ports ne sont plus adaptés aux nouvelles technologies du transport maritime. Leur capacité et leur localisation pour la plupart en milieu urbain conduisent à des difficultés de desserte et d’évacuation des marchandises, générant un surcoût à la marchandise tunisienne et réduisant l’indice de connectivité de nos ports sur les marchés internationaux. Pour résoudre ce problème crucial, Afek Tounes propose un plan en deux temps.


189. Mettre en œuvre un plan d’amélioration rapide des infrastructures existantes comprenant d’une part, l’extension du port de Radès avec au moins deux postes à quai et le développement d’une nouvelle voie routière permettant de désenclaver le port, et d’autre part, l’accélération des améliorations de l’infrastructure du Port de Skhira lui permettant de développer plus facilement les volumes de conteneurs pour désengorger Radès. Enfin des améliorations des ports de Sfax, Sousse et Gabès ainsi qu’une éventuelle extension du port de Bizerte selon la solution trouvée pour remplacer le pont.

190. Construire un port en eaux profondes : L’emplacement stratégique du pays, le développement mondial du transport maritime et la nécessité d’améliorer la compétitivité de notre logistique internationale, prônent pour le développement d’un port en eaux profonde dans notre pays. Reste à savoir si Enfidha est le meilleur emplacement. Bien que représentant le grand avantage de la disponibilité foncière et au-delà des risques écologiques, qui existent partout sur nos côtes, la plus grande opportunité étant d’en faire un port de transbordement, Enfidha n’est pas sur le chemin des autoroutes de la mer. Le marché n’est pas encore saturé dans la zone à court terme. Afek Tounes soutient donc le projet de ce port, qui s’établirait en PPP (Partenariat Public-Privé) mais se réserve de promouvoir un autre lieu.