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Pour une intégration forte de l’industrie et des services

Enjeux :

Dans les années 1950, le tissu industriel tunisien était quasiment inexistant. Le marché était fortement dominé par les produits importés et faiblement taxés, qui concurrençaient fortement les produits locaux et empêchaient le développement de toute activité industrielle locale. La Tunisie a vu naitre une activité industrielle dans les années 70, avec d’une part une industrie de transformation tournée vers le marché local, et d’autre part, une industrie de sous-traitance exclusivement tournée vers l’export. Les années 1990 puis 2000 ont été marquées par un renforcement sensible de la capacité industrielle de la Tunisie.

Aujourd’hui, le secteur industriel représente 28,8% du PIB dont 13,2% pour l’industrie non manufacturière et 15,6% pour l’industrie manufacturière. Il contribue très fortement aux exportations nationales, notamment dans des secteurs d’activité qui, il y à peine 10 ans, étaient quasi-inexistants dans le panorama industriel tunisien. Il s’agit à titre d’exemple des industries mécaniques, électriques et électroniques.

Le secteur industriel souffre cependant d’un certain nombre de faiblesses liées aussi bien à la création qu’à la structure ou encore à la gestion des entreprises. Le rythme de création de nouvelles entreprises reste faible, en l’absence de dynamique d’investissement et de difficultés d’accès au financement. Par ailleurs, le degré de concentration des entreprises reste faible, la Tunisie n’ayant pas connu au cours de la dernière décennie de mouvement significatif de fusions- acquisitions d’entreprises. Enfin, l’implantation géographique des entreprises industrielles tunisiennes reste limitée au territoire national.

La vision d’Afek Tounes :

Afek Tounes préconise de faire de l’industrie tunisienne l’un des moteurs de la croissance de son économie. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de promouvoir une industrie tournée vers l’innovation et les activités à forte valeur ajoutée, condition nécessaire pour répondre au défi de l’emploi des diplômés chômeurs.

L’industrie tunisienne doit par ailleurs être fortement corrélée avec des activités de services liés à l’industrie. Ces services constituent soit des supports à cette industrie (cas des télécommunications, par exemple), soit des activités productrices agissant de façon complémentaire (cas de l’ingénierie) ou autonome (cas des services informatiques) vis-ଠvis de l’industrie.

10 programmes clés :

241.Partager la vision de la stratégie industrielle nationale, avec l’ensemble des parties prenantes (organisations patronales, syndicats de travailleurs, institutions du secteur bancaire et financier, organisations de la société civile, État et Régions). Cette vision stratégique devra consacrer la nécessité, pour l’industrie tunisienne et les services liés, de développer une industrie forte et pérenne, intégrée à son environnement économique, géographique et respectueuse des droits des travailleurs et du consommateur. La force de notre industrie dépendra en partie de la force de nos entreprises et de l’énergie créatrice des nouveaux entrepreneurs. Afek Tounes considère que la pérennité de notre industrie est directement liée à la capacité des secteurs à migrer vers des activités à toujours plus forte valeur ajoutée.

242. Renforcer la politique de création de clusters organisés autour des technopôles. Le rapprochement des dimensions enseignement, recherche et production est déterminant dans la migration des secteurs industriels et de services vers des activités à plus forte valeur ajoutée. Pour renforcer les clusters, Afek Tounes préconise notamment d’améliorer leur gouvernance, de définir des contrats- programme précis, et de séparer les activités d’animation du cluster et de gestion des parcs d’activité associés. Agir de manière à attirer dans chaque technopôle un très grand nom international de l’industrie, cette approche permettant de valoriser très fortement le technopôle.

243. Convenir d’une définition de l’innovation qui soit claire et partagée par tous. Créer un Comité pour l’innovation, dans lequel siègeraient le secteur privé et l’administration centrale en charge des avantages fiscaux et non fiscaux. Cette approche permettrait de réduire sensiblement les litiges éventuels relatifs aux interprétations divergentes de l’innovation.

244.Engager l’Etat dans l’attraction d’un grand nom de l’industrie mondiale. Il existe aujourd’hui dans le monde 1 200 grands industriels. En attirant un ou deux grands industriels, la Tunisie créera un tissu industriel intégré, composé notamment du tissu de sous-traitants qui accompagneront le grand industriel dans son implantation en Tunisie.

245.Inciter les entreprises à développer l’utilisation des technologies de l’information et de la communication. L’amélioration de la productivité de l’entreprise passe nécessairement par une meilleure organisation et une intégration plus forte de ses processus. Parmi les nombreuses mesures qui permettront d’atteindre cet objectif, il convient de citer le développement de l’administration publique électronique, les actions visant à faire baisser les tarifs de connexion au réseau Internet (notamment en augmentant la concurrence au sein du secteur des Télécoms), le développement la sécurisation des transactions électroniques (à travers le renforcement de l’authentification des transactions).

246. Appuyer fortement le secteur agro-alimentaire. Ce secteur constitue un enjeu majeur pour le pays, en ce sens que son renforcement permettra de renforcer par ricochet l’agriculture et la pêche. Les mesures spécifiques à ce secteur portent notamment sur une refonte de la démarche informelle actuelle d’encadrement des prix de certains produits agro-alimentaires, démarche initiée par l’Etat dans le but d’assurer un contrôle des prix. Afek Tounes considère que cette démarche constitue une grande limitation au développement de l’industrie agro-alimentaire et que l’Etat ne doit pas intervenir.

247. Mettre en œuvre une politique volontariste de développement d’une industrie verte. Afek Tounes est convaincu que la Tunisie ne peut développer un programme ambitieux de développement durable (maîtrise de l’énergie et recours aux énergies renouvelables) que si celui-ci est accompagné du développement d’une industrie de fabrication des composants nécessaires. L’industrie ainsi développée servira le marché local mais également les marchés à l’export. Dans ce cas, une association avec un géant mondial de l’industrie verte constituerait un facteur d’accélération.

248. Faire du développement des activités d’offshoring une priorité des toutes prochaines années. La Tunisie bénéficie aujourd’hui de très nombreux atouts pour le développement de ces activités. L’existence d’un pool de compétences disponible (pour lesquelles des formations complémentaires courtes sont néanmoins nécessaires), et d’une proximité géographique et culturelle avec l’Europe constituent des avantages compétitifs déterminants. L’Europe est le leader de la troisième révolution industrielle alliant Energies Renouvelables et technologies de l’information. Notre proximité avec l’Europe nous permettra de prendre le train de cette révolution dans les premiers wagons si ce n’est dans la locomotive. L’Etat pourra agir en accompagnant l’effort de reconversion des compétences, en développant l’infrastructure technologique (bande passante, fibre optique) et en facilitant la mise en œuvre de programmes d’immobilier de bureaux dans les normes « offshore ready ».

249. Agir de manière à renforcer les circuits de distribution. En effet, l’existence de près de 100 000 commerces alimentaires et d’autant de commerces non alimentaires constituent une force et un circuit de commercialisation solide pour nos produits industriels. Tout en reconnaissant l’apport de la grande distribution dans l’amélioration de la qualité et de la compétitivité des produits industriels tunisiens, il conviendra de définir de façon stricte les conditions d’exercice de la grande distribution.

250. Perfectionner le mode opératoire des structures d’appui et d’accompagnement en plaçant la PME et la micro entreprise au cœur de la stratégie de développement Nationale, en créant un organisme national de certification pour l’accompagnement et le coaching des promoteurs, en instituant l’observatoire national de l’entreprenariat et de l’innovation, en développant à l‘échelle régionale les structures d’appui et en généralisant les guichets uniques. Instaurer aussi la fonction de Médiateur de l’entreprise, dans le but de faciliter les interactions de l’entreprise avec l’administration publique.