Accueil > Notre vision > La reconstruction de la citoyenneté : Le citoyen au coeur du projet politique d’Afek Tounes > Pour une politique de santé privilégiant la qualité, la proximité et l’accès pour tous

Pour une politique de santé privilégiant la qualité, la proximité et l’accès pour tous

Enjeux :

La santé constitue une des pierres angulaires dans le développement humain et économique du pays. Secteur stratégique en Tunisie, la santé est un droit fondamental de chaque citoyen.

Malgré un développement et un potentiel importants, le secteur de la santé présente de nombreuses insuffisances portant sur la qualité et la disponibilité des prestations, au niveau des structures, des équipements, du médicament et des limitations au niveau des moyens humains.Afek Tounes souhaite également mettre l’accent sur les problèmes d’inaccessibilité aux soins dans certains gouvernorats, ce qui est de nature à retarder la prise en charge effective du patient par le système de soins.

En outre, la couverture sociale reste insuffisante au regard de l’étendue et de la qualité de la couverture offerte aux citoyens, et ce malgré la mise en place de la CNAM. Environ 50% des dépenses de santé sont directement supportées par les ménages. En Tunisie, nous avons l’un des plus forts taux d’appauvrissement après maladie.

Enfin, nous relevons des insuffisances au niveau de la formation des cadres médicaux et paramédicaux avec un écart de plus en plus important entre la demande et l’offre et ce aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif.

La vision d’Afek Tounes :

Afek Tounes place le citoyen au cœur du système de santé, notamment en privilégiant avant tout l’accessibilité aux soins à travers une proximité des unités de soins. Afek Tounes propose de revoir l’implantation des structures hospitalières régionales en connexion avec les structures centrales (Centres Hospitalo-universitaires), d’assurer une plus grande complémentarité entre les secteurs public et privé et de mettre en place des unités de soins mobiles.

Tout en consacrant le rôle important du secteur hospitalier, Afek Tounes préconise une modernisation de l’ensemble de la chaîne de soin à travers notamment une action forte d’amélioration de la formation, de mise en œuvre d’un système d’accréditation et de la mise en place d’une informatisation qui concernerait l’ensemble des parties prenantes, principalement les prestataires de soins médicaux et paramédicaux, le circuit de distribution du médicament et les caisses d’assurance-maladie.

Par ailleurs, Afek Tounes souligne la nécessité de renforcer le système d’enseignement et de valoriser le statut des universitaires, permettant ainsi de renforcer la recherche médicale, qui constitue un pilier de l’amélioration continue de notre système de santé et un facteur de développement. Afek Tounes mettra en place les différents mécanismes pour promouvoir la production de médicaments en Tunisie et renforcer le développement des biotechnologies dans le secteur de la santé.

Afek Tounes considère enfin que la qualité et la maturité du système de santé tunisien permet de développer les actions de collaboration à l’international, notamment à travers l’exportation des services de santé et la mise en œuvre de collaborations institutionnelles avec des pays frères.

10 programmes clés :

Redéfinir l’organisation sanitaire de la Tunisie

 

51. Créer des pôles d’excellence régionaux, à travers la mise en place d’une organisation en grappe des structures de santé dans les régions, autour de structures de santé étatiques régionales de référence regroupant toutes les spécialités et comportant tous les moyens matériels nécessaires pour offrir des prestations de haute qualité. Six ou sept pôles seront installés, leur ville d’implantation étant définie en concertation avec les autorités locales élues (conseils régionaux) et les professionnels de la santé.

Le fonctionnement de ces pôles d’excellence sera facilité par l’informatisation, l’encouragement de la télémédecine, le développement du transport médicalisé et l’ouverture du secteur public sur le secteur privé. L’organisation des structures de soins, de la première ligne au service hospitalo-universitaire, va de pair avec une responsabilisation globale sur les niveaux de soins (création de profil de poste, institutions de contrôle des prestations).

Une plus grande complémentarité entre les secteurs public et privé sera recherchée, par exemple en créant des passerelles entre le secteur public et le secteur privé (vacations de médecins de libre pratique dans les structures publiques). Des coordinateurs dédiés prendront en charge médicalement les patients à mobilité réduite (porteurs d’handicap, personnes âgées).


52. Revaloriser les programmes de prévention et de dépistage des maladies chroniques, des maladies transmissibles et des fléaux (tabac, SIDA, obésité, vieillissement de la population). Dans ce cadre, les structures parapubliques telles que les polycliniques de la CNSS et des grandes entreprises publiques doivent se consacrer exclusivement à la médecine du travail.

Instaurer une médecine scolaire avec le dépistage des maladies congénitales et des insuffisances sensorielles essentiellement vision et ouïe.

Afek Tounes préconise par ailleurs l’application stricte, à toutes les entreprises de plus de 20 salariés, de la réglementation de la médecine du travail.


53. Renforcer le rôle de l’agence nationale d’accréditation, récemment créée (INAS). Cette agence doit avoir pour mission principale d’accréditer les établissements de santé, sur la base de cahiers de charges qui reprennent les standards d’organisation, d’équipement et de gestion des unités de soins, applicables à l’ensemble des structures qu’elles soient publiques ou privées. Cette démarche permettrait également de regrouper l’ensemble des textes juridiques relatifs aux activités de soins dans un « Code de la santé» afin d’harmoniser l’intervention de tous les prestataires de soins et d’instaurer des labels qualité dans le domaine de la santé. Les associations de patients doivent être encouragées à participer.

Crée une autorité nationale médicale qui collabore avec les différents ordres pour le respect de éthique et garantir une bonne moralité dans la pratique médicale.


54. Informatiser l’ensemble du système de santé, de façon progressive mais rapide en priorisant l’amélioration de la relation des structures de soins avec le citoyen. L’informatisation englobera toutes les structures de santé étatiques et privées, ainsi que tous les prestataires de soins et contribuera à la mise en place d’un système de traçabilité moderne et efficace. L’informatisation généralisée aura pour effet la quantification des dépenses de santé, l’évaluation de la qualité des prestations, la connexion entre structures de santé pour éviter le gaspillage et la facilitation de la télémédecine.

C’est ainsi que le dossier médical de chaque patient sera accessible par n’importe quel établissement et mis à jour systématiquement à chaque visite ou intervention médicale.

Une carte électronique de soins médicale permet de gérer l’essentiel des données du patient.

Réorganiser l’enseignement médical


55. Réorganiser l’enseignement, en le centrant sur les problèmes de santé publique basés sur l’apport actif de l’étudiant, avec des programmes qui tiennent compte du profil de poste visé. Choisir des indicateurs de suivi de la formation à court, moyen et long terme, avec partenariat entre le formateur et l’employeur et avec une collaboration constructive entre le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et le Ministère de la santé. Cet enseignement doit être mis au niveau des standards internationaux et les stages doivent être en adéquation avec la vraie vie professionnelle ultérieure.Insister au cours des études sur l’aspect humanitaire de la médecine et inclure des programmes de caravane humanitaire dans le cursus de formation.
56. Améliorer fortement l’attractivité du secteur hospitalier, en agissant sur les salaires, les contrats et les conditions de travail, surtout dans les régions. En particulier, Afek Tounes préconise d’ouvrir de nouveaux postes universitaires et de valoriser le statut des universitaires, en créant d’autres issues et en encourageant les échanges entre universitaires du secteur médical et des autres secteurs non médicaux. Ceci permettra d’améliorer les conditions d’apprentissage des étudiants et des stagiaires, et d’encourager la recherche médicale en Tunisie. Il faudra par ailleurs humaniser l’hôpital en recrutant du personnel chargé d’accompagner le citoyen dans les démarches, le suivi thérapeutique et la gestion des rendez-vous. Enfin, le financement de la revalorisation de l’enseignement pourra se faire par une taxe sur la formation médicale prélevé sur les structures de soins privés.On peut aussi imaginer des contrats de formation continue du personnel paramédical privé dans les structures de soins publiques moyennant une rémunération de ces structures permettant de valoriser les salaires.

Améliorer la couverture santé


57. Mettre en œuvre la Couverture Médicale Universelle (CMU). La CMU ne signifie pas la gratuité des soins pour tous, mais la possibilité, pour un assuré, d’opter pour des soins dans le secteur public ou privé, à sa convenance. Dans ce cadre, le remboursement de l’assuré se fera sur la base d’un barème de remboursement, appliqué de la même manière au secteur public et au secteur privé. Le barème de remboursement serait basé sur le coût réel des prestations accordées par le secteur public.
58. Engager une consultation nationale sur les besoins réels de financement de la Santé en Tunisie, et sur les réponses à y apporter. Les Centres Hospitalo-Universitaires, supposés être des centres d’excellence doivent bénéficier d’une plus grande autonomie financière dans le cadre d’un contrat programme définie au niveau du Ministère de la santé. Le développement en grappe sur le plan régional peut être «leadé» par les CHU.
59. Réformer la Caisse Nationale d’Assurance Maladie. La CNAM doit se concentrer uniquement sur son rôle de financement et de régulation des prestations de soins. Les procédures doivent être simplifiées pour le citoyen, l’informatisation devant être le moteur de la réforme.
60. Encourager l’internationalisation du secteur de la santé en Tunisie, en étant actifs dans la conception et l’organisation des systèmes de santé de pays frères et la contribution à leur mise en place, notamment grâce à la forte implication directe de personnel médical et paramédical.Cette coopération serait portée par le secteur public tunisien. Par ailleurs, l’exportation des services de santé doit être fortement renforcée, notamment grâce au système d’accréditation des structures de santé et à travers la mise en place d’accords-cadres avec les pays étrangers.